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Beyrouth, le 21 juillet 2026 – La Banque BEMO a organisé une table ronde intitulée « Opportunités d’affaires en Syrie ». Tenu à l'ESA Business School, l’événement a réuni des personnalités libanaises et syriennes de premier plan issues des milieux bancaire, juridique et économique afin d’examiner les perspectives offertes par l’ouverture économique actuelle de la Syrie.
La rencontre a été ouverte par le Dr Riad Obegi, PDG de la Banque BEMO. Elle a réuni quatre intervenants : Dr Laila Al Samman, Présidente du Conseil d’affaires syro-libanais ; Me Youssef El Hakim, Associé gérant du cabinet Hakim Law Firm ; Mme Nada Saliba, Directrice générale adjointe de Banque Bemo Saudi Fransi (BBSF – Syrie) ; et M. Antoine Miskawy, Directeur des services bancaires aux entreprises de la Banque BEMO. Les échanges ont été animés par Mme Claudine Feghaly, Directrice exécutive à la Banque BEMO.
L’événement a rassemblé un parterre distingué composé de participants libanais et syriens issus d’un large éventail de secteurs, notamment des chefs d’entreprise, des représentants d’organisations non gouvernementales ainsi que de nombreuses ambassades intéressées par la Syrie.
Une nouvelle frontière… aux portes du Liban
Dans son allocution d’ouverture, le Dr Riad Obegi a présenté la Syrie comme l’une des opportunités économiques émergentes les plus importantes de la région. « La Syrie est la nouvelle frontière. Mais pour le Liban, il s’agit d’une frontière toute proche, et non d’un marché situé à deux mille kilomètres », a-t-il déclaré, soulignant que la société syrienne porte une mémoire collective transmise de génération en génération, faisant de l’éthique des affaires une condition préalable à toute relation durable avec le marché syrien.
Il a encouragé les participants à nouer des relations directes avec les intervenants, à envisager leur adhésion au Conseil d’affaires syro-libanais et à programmer des visites en Syrie. Il a également relevé plusieurs signes tangibles de normalisation, notamment l’amélioration de l’ordre public, les progrès accomplis dans le rétablissement de l’alimentation électrique et le bon fonctionnement du système bancaire. Enfin, il a invité les personnes d’origine syrienne présentes dans la salle à entreprendre les démarches nécessaires pour recouvrer leur nationalité.
Un pont entre deux marchés
Dr Laila Al Samman, Présidente du Conseil d’affaires syro-libanais, a pour sa part présenté le rôle de cette institution dans la nouvelle dynamique économique entre la Syrie et le Liban. « Nous sommes une plateforme d’affaires dédiée au renforcement de la coopération économique, commerciale et des investissements entre la Syrie et le Liban », a-t-elle déclaré. Elle est revenue sur la récente visite en Syrie du ministre libanais de l’Économie et du Commerce, le Dr Amer Bisat, qui a rencontré le Président Ahmed Al Sharaa ainsi que plusieurs ministères syriens afin d’aborder les questions liées au tourisme, à l’investissement et à la coopération autour des fonds souverains. Cette visite a abouti à la création d’un comité conjoint chargé de renforcer la coordination entre les deux gouvernements.
Dr Al Samman a également présenté les principales réformes introduites par la nouvelle loi syrienne sur l’investissement, notamment les exonérations douanières accordées aux équipements industriels, les incitations fiscales, l’élargissement des droits des investisseurs étrangers en matière d’acquisition et de location de terrains, ainsi que les dispositions garantissant le rapatriement des capitaux et des bénéfices.
Elle a par ailleurs indiqué que la législation fiscale syrienne fait actuellement l’objet d’une révision, avec l’introduction attendue, d’ici la fin de l’année, d’une nouvelle taxe sur les ventes destinée à remplacer l’actuelle taxe sur les dépenses de consommation. Enfin, elle a annoncé que le Conseil d’affaires syro-libanais organisera un important forum économique en Syrie avant la fin du mois de septembre 2026, invitant les investisseurs libanais à se positionner dès aujourd’hui plutôt que d’attendre.
La Syrie, une destination d’investissement stratégique
M. Antoine Miskawy, Directeur des services bancaires aux entreprises à la Banque BEMO, a exposé les fondements économiques et géopolitiques qui plaident en faveur d’un investissement en Syrie. « Pourquoi la Syrie ? Depuis l’Antiquité, la Syrie constitue le trait d’union entre les continents, reliant l’Extrême-Orient à l’Europe et à l’Afrique », a-t-il déclaré, rappelant l’importance stratégique des ports de Tartous et de Lattaquié ainsi que l’amélioration progressive de l’environnement politique à la suite de l’allègement des sanctions internationales, notamment avec l’abrogation du Caesar Act.
Il a également souligné que la jeunesse de la population syrienne et l’importante diaspora syrienne – estimée à cinq millions de personnes – constituent un réservoir considérable de capitaux, de compétences et d’expertises au service de la reconstruction du pays. S’appuyant sur les chiffres présentés lors de la table ronde, M. Miskawy a indiqué que le budget de l’État syrien pour 2025 s’élève à environ 10,5 milliards de dollars, principalement consacrés aux infrastructures, à l’hôtellerie et à l’éducation, tandis que le produit intérieur brut est estimé à près de 65 milliards de dollars.
De plus, il a évoqué l’intérêt croissant des investisseurs internationaux pour des secteurs tels que le pétrole et le gaz, les phosphates et l’agriculture, mais aussi pour des domaines émergents comme le développement durable, l’intelligence artificielle et la transformation numérique. Citant notamment les estimations de la Banque mondiale, il a rappelé que le coût de la reconstruction de la Syrie est évalué à environ 216 milliards de dollars, principalement concentrés à Alep, Damas et Homs. Il a également souligné que les engagements internationaux en faveur de la Syrie dépassent déjà les 56 milliards de dollars, avec un intérêt marqué de l’Arabie saoudite, du Qatar, de la Turquie, de la Chine et de la France, invitant les banques et les entreprises libanaises à se positionner sans attendre sur ce marché en pleine recomposition.
Une infrastructure bancaire au service des investisseurs
Mme Nada Saliba, Directrice générale adjointe de Banque Bemo Saudi Fransi (BBSF), a présenté BBSF comme la première banque privée de Syrie, cotée à la Bourse de Damas. Elle a mis en avant son réseau de 35 agences réparties sur l’ensemble du territoire syrien, ses services bancaires numériques ainsi que son accompagnement des nouveaux investisseurs, depuis les formalités d’entrée sur le territoire et les mises en relation juridiques jusqu’à l’ouverture de comptes bancaires et l’identification de partenaires locaux.
Mme Saliba a également indiqué que la BBSF avait reconstitué son réseau de banques correspondantes au Liban, dans les pays du Golfe, en Europe et en Chine depuis l’assouplissement des sanctions. Elle a souligné la solidité du dispositif de conformité de la banque, notamment son respect des exigences FATCA et de la réglementation en matière de lutte contre le blanchiment d’argent, autant d’éléments destinés à rassurer les investisseurs internationaux. « Nous sommes profondément optimistes quant aux perspectives économiques de la Syrie et nous vous invitons à nous rejoindre dans cette aventure prometteuse », a-t-elle conclu.
Les enjeux juridiques de l’implantation
Répondant aux questions de l’assistance, Me Youssef El Hakim, Associé gérant de Hakim Law Firm, a présenté les principales considérations juridiques auxquelles sont confrontés les investisseurs étrangers souhaitant s’implanter en Syrie, notamment le choix entre l’ouverture d’une succursale, la création d’une société de droit syrien ou un partenariat avec un acteur local, ainsi que les obligations d’enregistrement applicables aux contrats d’une durée supérieure à six mois.
Temps forts des échanges
La table ronde s’est poursuivie par une séance de questions-réponses au cours de laquelle les intervenants ont répondu aux nombreuses interrogations du public portant notamment sur les mécanismes des transferts bancaires transfrontaliers, la structure du fonds souverain syrien, le rythme de la reconstruction et du développement immobilier, l’état d’avancement de la législation relative aux partenariats public-privé, ainsi que la stabilité actuelle de la livre syrienne.
Les intervenants ont unanimement estimé que, si l’ouverture économique de la Syrie demeure à un stade encore précoce, l’évolution du pays, les réformes institutionnelles engagées et le retour progressif de l’intérêt régional et international créent une opportunité majeure, à la fois concrète et opportune, pour les entreprises libanaises.
À travers cette initiative, la Banque BEMO réaffirme son attachement au dialogue institutionnel comme levier essentiel de la relance économique, ainsi que son soutien constant aux plateformes, à l’image du Conseil d’affaires syro-libanais, qui contribuent au renforcement des relations entre le Liban et la Syrie. La Banque BEMO croit fermement au potentiel du marché syrien ainsi qu’aux perspectives considérables qu’il offre à un secteur privé libanais profondément éprouvé par des années de crise nationale. Elle est convaincue que ce marché représente une opportunité exceptionnelle pour les entreprises libanaises. La Banque BEMO Liban et la BBSF Syrie demeurent pleinement engagées à mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition afin de renforcer les liens économiques entre les deux pays, dans l’intérêt commun du Liban et de la Syrie.
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